L’escroquerie de la réserve électorale

 

La mobilisation actuelle contre les suppressions de postes semble gêner et pour l’administration, tous les remèdes sont bons pour tenter d’arrêter ce mouvement.

 

Ce mardi, l’ensemble des établissements du département  recevaient une note (de service ?) sur la « période de réserve électorale ». Celle-ci stipule «de « s’abstenir d’organiser ou de participer à des manifestations médiatisées en présence d’élus, pouvant être interprétées comme une caution à visée électorale ». Allez hop, les élections approchent, on range tout derrière l’intérêt de la sacro-sainte Démocratie Républicaine… il faudrait faire Union Nationale et se taire sur l’iniquité que le gouvernement en place a pu instaurer comme système politique.

 

Pour rappel s’il existe effectivement une « tradition ou usage » de cette « période de réserve électorale », destinée aux postes à responsabilités des services préfectoraux, cette note ne s’appuie sur aucun texte légal existant. C’est un héritage de cette bonne vieille Troisième République où les fonctionnaires ne pouvaient pas critiquer l’Etat, ni fonder d’unions de travailleurs et où la participation à des réunions politiques pouvait mener à des pressions de la hiérarchie. Pourtant depuis 1924, les enseignants peuvent former des syndicats et depuis 1983, la loi n° 83-634 stipule sans autre formulation que « La liberté d’opinion est garantie aux fonctionnaires ».

 

Bref, cette note de service ne peut concrètement pas être appliquée aux fonctionnaires de bas étage que nous instits ou profs représentons. On imagine d’ailleurs les paradoxes auxquels elle mènerait, par exemple que ferait un prof présent sur une liste électorale ou élu ? Un instit’ simplement marié à une élue pourrait-il encore l’accompagner dans la rue ? Une prof qui vit avec un journaliste doit-elle déménager ? Un prof élu politique doit-il démissionner ?

 

En revanche on voit bien comment, à l’heure où un peu partout parents, profs, élus et population en général se rassemblent pour dénoncer la destruction du système d’enseignement public, cette note vient à point nommé pour tenter d’intimider toute volonté de résistance.

 

Dans cette période, comme dans les autres, il est de notre devoir de dénoncer la véritable « contre-révolution sociale » que Sarkozy aura mené ces 5 dernières années. Ce n’est pas pour autant que nous appelons à voter pour qui que ce soit. D’ailleurs l’opposition n’a pour seul programme que de faire « comme Sarko mais en moins pire ». Par exemple, les postes supprimés par la droite ne seront pas rétablis, les 60 000 créations annoncées (ou non-suppressions ?) ne couvrant pas les suppressions depuis 2007. D’ailleurs ce chiffre comporte un certain nombre d’AVS, dont le statut précaire n’est pas non plus abordé…

 

Non, une nouvelle fois, il est clair que nous ne pourrons compter que sur nous pour imposer d’autres choix, que ce soit en luttant contre les fermetures de postes ou en construisant un mouvement à même de lutter contre la crise que la grande majorité des candidats à la présidentielle nous promet de nous faire payer.

 

A nous de nous organiser !