Une école sans dieu ni maître

Personne, aucun-e travailleur-se ni aucun-e journaliste ni aucun individu ne saurait être menacé-e, blessé-e ou tué-e pour ce qu’il est, sa religion, son travail, les propos qu’il tient ou encore les avis qu’il émet.

La mise en scène hypocrite d’une prétendue « unité nationale » est une chimère, un prétexte à imposer le silence aux questions dérangeantes. L’émotion embrouille la pensée.

Les assassinats des 7, 8 et 9 janvier sont une aubaine pour les tenants du repli identitaire et nationaliste ; une occasion nouvelle de stigmatisation de territoires ou de populations. Nous avons été nombreux à marquer la minute de silence, y compris là où on voudrait faire croire l’inverse dans un but évident d’ instrumentalisation pour créer un climat de haine et faire croire à l’inéluctabilité de mesures d’exception.

Ces réflexes médiatiques, sitôt les attentats commis, nous inquiètent sur la nature des déclarations politiques. Elles veulent évacuer les vrais enjeux. Les inégalités sociales et économiques sont le véritable terreau pour tous les fanatismes religieux ou nationalistes. Sans partage des richesses, le capitalisme continuera de créer du désespoir et du fanatisme.

C’est pourquoi la seule « guerre contre le terrorisme » qui vaille c’est la lutte contre l’injustice sociale. Nous ne réclamons pas de nouvelles lois liberticides et nous voulons supprimer toutes les prisons. On préfère comme d’autres ouvrir des écoles. Mais des écoles sans « vigipirate » ; des écoles sans sélection sociale, sans dieu ni maître, des écoles sans exclusions. Des écoles qui s’occupent d « éduquer pour émanciper ».

On veut aussi pouvoir rire de tout. Mais dire cela c’est revendiquer l’absence de toute censure. L’anti-autoritarisme ne souffre en effet aucune exception.

C’est ce que nous efforçons de mettre en œuvre dans nos écoles, collèges, facs ou lycées. Avec les élèves et les personnels que nous côtoyons. Nous n’avons pas attendu le 7 janvier pour lutter, avec d’autres, contre tous les obscurantismes au quotidien de nos classes, des luttes sociales, en AG et dans la grève.

La CNT-FTE appelle l’ensemble des personnels de l’Éducation à se réunir en AG pour élaborer collectivement un autre futur, débarrassé des profiteurs de guerres et des semeurs de terrorisme.