Une vague de répression antisyndicale sans précédent s’abat sur la section CNT de la Cinémathèque Française. Depuis 2003, 3 militants CNT ont été soit licenciés, soit poussés à un départ négocié. En quelques mois, quatre salariés militants syndicaux (3 CNT et 1 CGT) ont été sanctionnés pour des motifs futiles voire inexistants. Mais cette fois la Direction va plus loin. Elle a entamé une procédure de licenciement à l’encontre de la déléguée syndicale CNT également élue au CE.

Majoritaire aux dernières élections professionnelles (10 élus sur 22 sièges à pourvoir) la CNT, avec le soutien et la participation des salariés, a réussi à s’opposer à de nombreuses tentatives de régression sociale de la part de la Direction : remise en cause de la Mutuelle d’entreprise, remise en cause de l’ancienneté, réorganisations de services tous azimuts, interdiction faite aux syndicats de pouvoir utiliser la messagerie électronique pour communiquer. La CNT a assigné la Direction de la Cinémathèque au tribunal pour la signature illicite avec les anciens secrétaires du Comité d’entreprise d’une convention modifiant à la baisse des garanties du régime mutuelle sans avoir informé les organisations syndicales qui sont pourtant les seules habilités à signer ce type d’accord comme le prévoit les textes en vigueurs. Le procès est actuellement en cours.

De son côté, la Direction a assigné le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT), qui avait demandé une expertise sur les risques psycho sociaux graves…. La décision du tribunal sera rendue le 22 juin prochain. Au cas où le tribunal rendrait un avis favorable au CHSCT, celui ci aurait toute latitude pour enquêter notamment sur le dossier à charge monté par la Direction, accusant notre camarade de harcèlement et d’insubordination dans son service, alors que c’est elle qui est victime de placardisation, de harcèlement moral et de discrimination syndicale. La CNT soutenant le CHSCT dans son action, on peut concevoir l’intérêt que porte la direction à écarter la CNT du paysage syndical local.

La Direction a donc décidé d’éliminer une organisation syndicale beaucoup trop remuante à son goût et qui ne fait que son travail : défendre les salariés et faire respecter la convention d’entreprise.

Actuellement nous ne pouvons compter que sur le secours de la CGT Cinémathèque pour travailler en intersyndicale. Dans ces moments difficiles, nous en appelons donc à la solidarité des salariés de la Cinémathèque, bien sûr, mais aussi à la solidarité interprofessionnelle. Nous ne lâcherons rien ! Un coup porté contre l’un de nous, est un coup porté à tous.