Fermetures de lycées : basta !

Alors que les taux d’encadrement régionaux sont parmi les plus faibles au plan national, le rectorat a annoncé la fermeture de deux établissements de la région.

Jeudi en fin d’aprés midi, les élèves et les personnels du lycée du Mas Jambost apprennent la fermeture de leur établissement pour la rentrée de septembre 2012. Près de 300 élèves seront donc invités à poursuivre leurs études dans d’autres établissements.

Les sections Mode, Modelage et Céramique seront déplacées au lycée Maryse Bastié. La section technicien de fabrication bois à Bellac, les ébénistes partiront à Brive, la filière alu/PVC à Felletin, la tapisserie d’ameublement passe à la trappe ainsi que les 3èmes DP 6 heures qui seront supprimées.

  • Motif invoqué : coût exorbitant de la réhabilitation (isolation et extraction) du lycée. Lequel serait vétuste malgré un entretien régulier par la Région.
  • Ces décisions seront soumises aux représentants syndicaux lors du CTA (Comité technique académique) qui doit se tenir le 11 janvier à Limoges.
  • La question de la réhabilitation d’un bâtiment scolaire n’est pas de la responsabilité du recteur mais de la Région et ne peut donc pas être évoquée légitimement comme argument par le rectorat.
  • Que vont devenir les élèves actuellement inscrits sur la section Tapisserie ?
  • Beaucoup de familles seront dans l’impossibilité d’envoyer leur enfant à Bellac ou à Felletin pour la rentrée prochaine. Qu’adviendra-t-il de tous ces élèves dont le cursus est déjà commencé ?
  • Ce quartier populaire de L’Aurence se retrouvera sans Lycée …
  • La filière mode transférée pour la somme de 550 000 Euros de Valadon vers le Mas Jambost il y a 2 ans sera à nouveau transférée à la rentrée à Bastié, pour quelle somme cette fois ?
  • Les 19 agents, travaillant actuellement sur le lycée seront mutés, ce qui permettra de supprimer 19 postes de non titulaires. Il en est de même pour les enseignants.
  • Les surfaces d’atelier éventuellement disponibles à Bastié sont très insuffisantes pour accueillir correctement le parc machine issu du Mas Jambost. Par ailleurs l’adaptation de ces locaux aux contraintes technologiques des filières du Mas Jambost sera très coûteuse.

L’addition sera très très lourde.

 

  • Concrètement, dès l’annonce de la nouvelle, les personnels se sont réunis en AG vendredi matin, les cours ont cessé pour la journée et les élèves ainsi que les personnels ont manifesté dans le lycée pendant la venue des représentants de la Région.
  • Vendredi après-midi, deux représentants de la Région (Directeur de cabinet de Mr Denanot et le responsable des lycées) sont venus expliquer aux élus du CA la position de la Région : ils sont abasourdis quant à la méthode d’annonce sans concertation préalable alors que la Région vient d’investir des sommes importantes à Meymac qui ferme également et qu’elle était prête à financer de manière échelonnée des travaux au LP MJ.
  • Cette semaine de nouvelles AG sont prévues par les personnels et par les lycéens pour décider des actions qui doivent se tenir dans la durée.
  • D’ores et déjà tous les acteurs du lycée seront devant le rectorat mercredi 11 à partir de 8h30.

En Corrèze c’est l’EREA de Meymac qui est menacé. L’EREA est un établissement unique en Limousin : c’est une SEGPA avec un internat. Il accueille des élèves en difficultés dans des conditions leur permettant de sortir du système scolaire avec une formation. Le fonctionnement est adapté pour ce type d’élèves, c’est à dire qu’un accompagnement scolaire est mis en place, les classes sont à petits effectifs (16 au maximium), les éducateurs et les profs proposent des activités le soir et le mercredi. C’est le seul établissement de ce type dans la région, alors que chaque région en possède plusieurs, on se pose la question du devenir de ces élèves en difficultés.
Là aussi cette fermeture est d’autant plus absurde que la région a déjà lancé des travaux depuis cet été.

 

A Saint-Léonard, si le lycée n’est pour l’instant pas menacé, c’est la filière Littéraire (classes de première et seconde) qui doit être supprimée pour une économie de 4h hebdomadaires (tous les autres cours étant assurés en commun avec la filière Economique et Sociale). Là encore, les lycéens concernés devraient dès la rentrée prochaine poursuivre leur cursus au lycée Gay-Lussac à Limoges, soit à plus de 20 km.
Le STE CNT Limousin appelle au maintien de ces deux établissements et à l’embauche de personnels à la hauteur des besoins. L’éducation doit être une priorité pour chaque gouvernement, tant elle a trait au bon fonctionnement d’une société. Il participera donc à la mobilisation de ce mercredi 11 janvier qui doit être le premier pas d’une mobilisation qui gagne.

 

Le STE CNT Limousin apporte son soutien aux personnels et lycéens en lutte dans ces établissements, et appelle à participer aux actions menées pour leur sauvegarde, tout en rappelant qu’il doit s‘agir d’une lutte globale sur tout un territoire. Ce qui est gagné là ne doit pas être enlevé ailleurs.