Le niveau baisse ?  C’est ce qu’on va voir…

En pleine semaine des évaluations nationales de CM2, le Syndicat CNT des Travailleurs de l’Education du Limousin proposera ce mercredi aux passants de réaliser quelques exercices issus de ces évaluations tant décriées afin de voir si vraiment « le niveau baisse ».

Depuis des années, les différents ministres se sont toujours appuyés sur l’argument selon lequel « le niveau des élèves baisse » pour justifier leurs réformes qui, petit à petit, ont tenté de bâtir « un système qualité » basé sur le « pilotage par les résultats » dans l’éducation, faisant fi du fait que nous avons devant nous des élèves bien vivants et non des carottes qu’on devrait calibrer.
Dans la même veine, nous avons droit régulièrement à « avant il n’y avait pas de violence », « avant il n’y avait pas de vols », « avant on savait lire et écrire »… Il y a maintenant si longtemps que « le niveau baisse » que, décidément, les élèves de fin de primaire doivent à peine savoir lire, tandis que leurs glorieux ainés, volontaires et tous durs à la tache et à l’exercice de français, doivent être de vrais érudits !
Croire en ce discours, c’est oublier que, pendant des décennies, les statistiques dans l’éducation n’existaient pratiquement pas, hormis le taux de réussite aux différents examens.
C’est oublier aussi que le contenu des enseignements a changé. Un élève sortant de primaire aujourd’hui, par exemple, a un niveau en anglais proche de celui d’un collégien de la fin du siècle dernier.
C’est aussi oublier que, depuis 20 ans, le nombre de matières enseignées au primaire n’a cessé d’augmenter. Or, par le passé, le français et les mathématiques représentaient à eux-seuls presque l’intégralité des heures de cours.

Rappelons aussi que si le ministère avance que le niveau baisse, pour lutter contre cette difficulté scolaire, il s’emploie à supprimer les RASED, à augmenter le nombre d’élèves par classe et à supprimer les EVS/AVS alors qu’il serait nécessaire de les titulariser.
Tandis que les évaluations nationales de CM2 font l’actualité, le STE Limousin se propose donc de faire passer ces évaluations à la population, le mercredi 19 janvier, place de la Motte à Limoges, à partir de 14h30.
Ce sera l’occasion pour nous de comparer le niveau moyen de la population avec celui exigé en CM2 et ainsi juger de la pertinence de ce système d’évaluation, basé sur des compétences segmentées, sans aucun lien entre elles et sans aucune réalité pour les élèves, tout en voyant ce qu’il en reste chez les adultes d’aujourd’hui.
Avec l’annonce de la mise en place de nouvelles évaluations en plus de celles de CM2 et de CE1, ce sera pour une fois à nous de juger le travail du ministère.